L'art et la matière

La matière est avant tout fonctionnelle. Imaginez un mouchoir en carton, une couette en plomb et un verre en laine…

Mais la matière n'est pas que fonctionnalité. Elle apporte aussi, et surtout, une différence basée sur l'esthétique, le raffinement, la sensualité, donc sur le bien-être et la qualité de vie. Laine, porcelaine, daim, lin, cristal, métal, sont autant de matières riches en sensations et en évocations. Et lorsque l'on associe ces matières les unes avec les autres, le nombre des combinaisons étant infini, on obtient des résultats sans cesse renouvelés !

L'art d'associer ces matières fait toute la différence !

Le service de table Les couverts Tissus et tissages
La verrerie    
Régulièrement, nous ajouterons des idées et des conseils pour vous aider à découvrir le plaisir de parfaire votre "art de vivre". Si vous avez des questions à nous poser, n'hésitez pas à contacter nos spécialistes.

 

Le service de table

Faïence ou porcelaine, à la base des deux, il y a de l'argile. Mais cela dit, après, ça se complique !

La faïence est faite d'argile tournée par un potier puis cuite au feu. L'objet étant poreux, l'idée est venue de l'imperméabiliser à l'aide d'une glaçure. Les premières traces de poterie, très anciennes, remontent au néolithique, en Chine. Les Italiens s'en inspirent à la Renaissance et la produisent dans des villes comme Faenza d'où vient le nom de faïence.

La faïence d'aujourd'hui est une poterie à base d'argile colorée dans la masse et imperméable à l'eau.

La porcelaine tendre est faite d'une base d'argile blanche, alors que la porcelaine dure est fabriquée à partir de kaolin. Après une première cuisson autour de 800° C., la pièce appelée "biscuit" reçoit alors une couche transparente. Après cuisson, le résultat est translucide et laiteux.

La faïence est mate et opaque, alors que la porcelaine est fine et translucide. La faïence est un peu irrégulière au toucher alors que la faïence est douce et homogène. La faïence produit un son mat alors que la porcelaine a un son plus brillant.

Pour le grès, les terres utilisées sont des argiles secondaires ou sédimentaires naturelles, dont la vitrification s'effectue entre 1 200°C et 1 300°C. Bien des argiles sont utilisables pour la fabrication du grès sans ajouter aucun additif. Ce genre de pâte naturelle donne des textures très agréables et des couleurs allant du beige au gris ou au brun.

 

Les couverts

Cuillère, couteau, fourchette, ces instruments ne sont sur nos tables que depuis la Renaissance. Depuis, bien d'autres ont été inventés :

 

Tissus et tissages

Lin, coton, métis, synthétiques, damassés ou tissés Jacquard, imprimés ou grand teint, les tissus ont tous leurs qualités et leurs inconvénients, qu'ils soient draps, peignoirs, nappe ou torchons…

Quelle matière choisir ?

Les fibres naturelles comme le lin, le coton et le métis, comparées à celles en fibres synthétiques, constituent toujours un meilleur choix car elles s'entretiennent plus facilement, sont plus résistantes, plus agréables au toucher.

Le lin

Le lin est probablement le plus ancien des textiles. Il est beau, doux, absorbant, aéré, solide et indéformable. Il est principalement utilisé pour l'habillement, le linge de maison, la literie et la décoration intérieure. Grâce à ses fibres plus raides, le lin a toujours une allure un peu rustique.

Contrairement aux tissus synthétiques, le lin vieillit bien. Une nappe en lin durera plus de vingt ans et plus le lin est lavé, plus il devient souple, doux et brillant.

Les articles en lin, nappes, draps, etc. se lavent à la machine, à l'eau très chaude. Autrefois on faisait même bouillir le linge en lin pour en enlever les taches. Un détergent ou un bon savon fait très bien l'affaire. Pour le lin de couleur, il vaut mieux le laver à l'eau plus froide que tiède.

Pour faciliter le repassage du lin, il ne faut pas laisser l'article sécher complètement. Si c'est le cas, humidifiez-le de nouveau avant de le repasser.

Le fer doit être très chaud pour le lin épais et moyennement chaud pour les lins légers et les mélanges lin et coton.

Après repassage, laissez sécher à l'air libre dans un endroit sec et bien aéré. Evitez tout contact avec des matériaux susceptibles de tacher le tissu.

Le coton

Les plus anciennes traces de culture du coton remontent à plusieurs millénaires et c'est, aujourd'hui, la fibre textile la plus utilisée dans le monde.

Le coton vient de la fibre qui recouvre la graine du cotonnier. La fibre du coton, douce, fine et souple, est choisie le plus souvent pour la fabrication de nappes qui seront peu salissantes et lavables.

Le coton est reconnu pour son confort, sa douceur et sa légèreté. Qu'il soit peigné, brossé, égyptien, finette ou flanelle, jersey, piqué ou éponge, il y a du coton pour tous les goûts !

Le coton est facile à laver et supporte les températures élevées pour le blanc et moyennes pour les couleurs. Il ne craint pas l'eau de Javel, pour autant qu'il soit blanc. Pour des taches récalcitrantes, il est préférable d'utiliser un détachant qui préserve les couleurs du textile.

Le métis

C'est un mélange de lin et de coton. Ainsi associé au coton, le lin devient plus souple et plus doux.

Les matières synthétiques

Issues du raffinage du pétrole, les matières synthétiques sont créées de toutes pièces en laboratoires et leur nom correspond le plus souvent à une marque. Les acryliques et les polyesters ont cette origine.

Les fibres synthétiques ont d'indéniables qualités pratiques : lavables, résistantes, solides, elles ne nécessitent pas ou peu de repassage. Par contre avec le temps, elles deviennent ternes, parfois pelucheuses. Les nappes en matières synthétiques supportent mal l'eau de Javel, qui les fait jaunir.

Tissus damassés ou tissés jacquard

Le damas a été inventé dans la ville syrienne de Damas (prononcer damasse). Il s'agit de dessins brillants sur fond mat à l'endroit et de dessins mats sur fond brillant à l'envers. C'est le contraste mat-brillant qui définit le damas et l'expression "damassé". Les motifs tissés se révèlent plus ou moins selon l'éclairage.

Une nappe damassée a toujours symbolisé la parure de table distinguée. Autrefois, le damas était toujours tissé blanc sur blanc et les nappes qui paraient les tables des rois étaient de magnifiques tableaux, dont le tissage était aussi précis qu'une gravure. Pour faire le damas, on utilisait un métier spécial inventé par les Chinois, le "métier à la tire", et on se servait de fils de lin.

Même si, à partir de 1950, l'impression sur tissu est venue détrôner le damassé, celui-ci revient aujourd'hui sur nos tables car, par sa simplicité et ses jolies nuances, il met en valeur tous les services de table. Tissées avec des fils d'une grande qualité, ces nouvelles nappes damassées supportent des lavages répétés et s'entretiennent très facilement.

De nos jours on utilise le terme "jacquard" pour désigner tous les tissus à impressions tissées et non imprimées.

Nappes colorées ou imprimées

Le goût pour la couleur dans le linge de maison et pour les nappes imprimées nous est venu des États-Unis vers les années 50. La nappe de couleur a alors rapidement pris le dessus sur la nappe blanche, principalement parce qu'elle est moins solennelle et met plus en valeur le service de table.

On trouve sur le marché des nappes à motif tissé teint. Dans ce cas, le dessin de couleur (des carreaux ou des rayures) est réalisé grâce aux croisements de fils teints avant le tissage.

La nappe de couleur pourra aussi être ornée de motifs imprimés sur l'étoffe déjà tissée. Une nappe ainsi imprimée sera décorative et habillera bien la table. La nappe pourra être traditionnellement à carreaux, à fleurs, ou encore avoir un dessin placé.

On dit que le dessin est "placé" lorsque les motifs s'agencent les uns par rapport aux autres de manière à former un plus grand dessin. Un motif au centre fera le tablier de la table, puis les autres en bordure constitueront les panneaux tombants sur les côtés. Une nappe à dessin placé coûte toujours plus cher qu'une nappe dont le dessin est répété sur toute la longueur du tissu qui est ensuite coupé pour faire des nappes de différentes dimensions. Ce genre de nappe est idéal pour une table ronde.

 

La verrerie

Verre ou cristal le choix est important, mais dans les deux cas, cela commence toujours par être du sable. Selon la proportion des produits ajoutés à la composition de base, on obtient différents types de verre et de nuances de couleur : cristal, cristallin, verre ordinaire, verre à vitre, etc.

Le cristal

La plus belle matière pour un verre, c'est incontestablement le cristal. Fabriqués par les Vénitiens, ces verres se sont répandus dans le reste de l'Europe au XVIIe siècle.

Le cristal est un verre contenant au moins 30% de plomb pour un cristal de qualité supérieure et 24 % de plomb pour un cristal plus courant. Le cristal a un son d'une grande pureté et scintille magnifiquement lorsqu'il est taillé.

Le cristallin

Le cristallin, aussi appelé semi-cristal contient moins de plomb, environ 10 % seulement. Il est moins cher et moins fragile que le cristal, mais possède qualités moindres de son et de brillance.

Le verre ordinaire

Les verres façonnés dans ce matériau sont d'un prix plus abordable. Le verre peut être travaillé à la main ou en série (moulé). Plus lourd que le cristal, le verre réfléchit moins bien la lumière.

Le verre trempé

Le verre trempé est un verre qui a reçu un traitement thermique pour le rendre plus solide. Ce type de verre qui craint moins les chocs est idéal pour le quotidien.

Les verres "soufflés bouche"

Ces verres sont fabriqués à la main par un verrier. Celui-ci prélève dans le four une boule de verre incandescent à l'aide de sa canne (tube creux). Puis à l'aide d'un outil en bois, il ébauche la forme de l'objet. La canne est alors transmise au mouleur qui introduit l'ébauche dans un moule et souffle pour lui donner la forme de l'objet à reproduire : la "paraison". Sur cette paraison sont ensuite posés la jambe puis le pied du verre.

Les verres pressés moulés

Très populaire en Angleterre et aux Etats-Unis, ils se sont répandus en France au XIXème siècle. Le procédé utilisé consiste à presser le verre dans des moules garnis de motifs. Il a d'abord été inventé en 1827 par un Anglais puis perfectionné aux États-Unis. La demande pour un verre meilleur marché a permis le développement de cette technique. Aujourd'hui, ce sont les pays de l'Est et l'Espagne qui sont les grands producteurs de verres moulés.

Verres taillés, gravés, ou émaillés...

C'est en utilisant une meule qu'on taille un verre. Le verrier fait ainsi apparaître des motifs en relief tels que les côtes, les arêtes ou les facettes diamantées.
La gravure, elle, s'effectue au jet de sable, à l'acide ou à la roue.
L'émail est appliqué sur la surface du verre qui est ensuite passé au four.
La dorure est généralement appliquée à la main.

Quelques petits trucs :

 

L'art de la table L'art de l'accessoire L'art et la matière
L'art et l'entretien Les « comment » « SOS taches »