Maryse Cantin quitte un emploi sûr au gouvernement et achète une petite maison rue St-Denis, située entre un oratoire et un cinéma porno. Et c’est en décembre, quelques jours avant Noël qu’Arthur Quentin voit le jour.
À ses débuts, le magasin proposait un mélange de brocante et d’articles neufs. Maryse prenait plaisir à fouiller les stocks désuet des importateurs pour dénicher des choses introuvables à Montréal, mais des choses qui avaient une personnalité certaine. Plusieurs de ces objets ont marqué les premières années d’Arthur Quentin : les bols à café, les lampes 1900, les abat-jour en verre, les rideaux de dentelle, etc. Autant de succès qui ont fait la notoriété d’Arthur Quentin. Au fil des années, les antiquités ont cédé la place aux importations.
Depuis quatre ans, la notoriété d'Arthur Quentin ne cesse de grandir et, de l'autre côté de la rue, presque en face, un snack-bar à l'ancienne fascine Maryse. Il n'en faut pas plus pour qu’elle se lance dans une nouvelle aventure : ouvrir une boutique de linge de maison. Tout semble hasardeux dans ce projet, sans parler de son obstination à vouloir revenir au coton, alors que les importateurs essayent fermement de l'en dissuader.
Maryse ne s'en cache pas : à ses débuts, son rêve n'a pas eu le succès escompté et, à voir tous les clients d'Arthur Quentin défiler devant la vitrine de Bleu Nuit sans que rien n'accroche leur regard, elle s'interroge. Elle s'interroge et s'obstine. Il lui aura fallu trois ans pour lancer Bleu Nuit.
La maison voisine d’Arthur Quentin est à vendre ? Une aubaine pour Maryse qui rêve d’ouvrir un magasin spécialisé dans les objets de cuisine. Quant on voit, aujourd’hui, l’engouement pour la "bouffe" au Québec, c’était prémonitoire ! Le premier Noël est catastrophique, le succès n’est pas au rendez-vous. Maryse s’obstine et imagine faire percer le mur mitoyen entre les deux magasins. Le succès est immédiat. La table d’un côté, la cuisine de l’autre, un concept était né.
D’abord atelier de restauration pour les meubles anciens et l’électrification des lampes européennes, le local de la rue St-André devient, pour Maryse, le bon moyen d’écouler les invendus de Bleu Nuit. Le linge de maison, à cause des différentes tailles de lit et d’oreillers dans chaque modèle laisse, en effet, beaucoup d’invendus.
Toujours à la recherche de trouvailles, l’équipe de Maryse recherche, chez des fabricants, des fins de séries de tous ordre, avec toujours une personnalité propre.
Voilà comment des draps, des serviettes et des housses de couettes côtoient, à l’Atelier, des assiettes, des théières et des pots à fleurs, à des prix "solderie".
A côté d’Arthur Quentin, la troisième maison est à vendre. Monopoly oblige, Maryse l’achète pour développer quelque chose de différent ; autour de la mode, mais une mode intemporelle et hors saison. Ce concept a peut-être un peu perturbé la clientèle mais il propose des choses tellement jolies ! Cela a permis à Maryse de préciser le concept de chaque magasin : La table, la cuisine et les accessoires.